Ia orana à tous et toutes.

Tout d'abord, je souhaite la bienvenue à mes nouveaux abonnés et je remercie tous ceux qui me suivent au fil des mois dans ma nouvelle vie. Aujourd'hui, j'ai plusieurs choses à vous montrer...

- Une page :

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- Quelques petits détails :

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Le URU , qu'est que c'est ? C'est le fruit de l'arbre à pain.

 

Le tumu'uru plus communément appelé le uru est, aujourd'hui, un arbre fruitier incontournable de la flore polynésienne. Pourtant le destin de l'artocarpus altilis, de son nom scientifique, fut étroitement lié à celui des grands navigateurs que furent les anciens Polynésiens. Voyageant d'île en île à bord de grandes pirogues à double balancier, ces explorateursemportaient, avec eux, les vivres nécessaires à leur survie dont les précieux fruits du uru, et, également des plants de cet arbre qu'ils mettaient en terre? une fois arrivés à destination. Ils permirent ainsi la propagation à travers les archipels de cet arbre initialement originaire de Papouasie-Nouvelle Guinée.

Le climat des îles polynésiennes est divisé en deux grandes saisons tropicales, l'une très humide et l'autre sèche. L'année était donc marquée par des périodes de disette liées au manque d'irrigation et de production de fruits pendant la saison sèche. Raison pour laquelle les anciens Polynésiens consacraient beaucoup d'intérêt au uru. Pendant plusieurs siècles, sa présence fut rassurante pour les habitants qui comptaient sur ses fruits, particulièrement nutritifs, pour surmonter ces période de pénurie tant redoutées

Échanger le uru prenait la valeur d'une véritable monnaie. En remerciements des services rendus, ou tout simplement par hospitalité et gentillesse, il était offert à la famille et aux hôtes. L'alimentation dépassait donc le simple cadre de la nutrition, elle possédait une dimension sociale importante. Les regroupements dans les villages pour préparer l'alimentation commune à tous, permettaient d'échanger de se solidariser et de s'inscrire au sein d'un groupe social. Les périodes de disettes, étaient contrées par l'organisation et l'union de la population qui travaillait aux préparations et cuissons du précieux fruit.

Les communautés faisaient preuve d'esprits inventifs pour conserver les fruits de l'arbre à pain récoltés en prévision des période de famine et de longues navigations. En effet, les uru mûrs se détériorent en quelques jours seulement. Confrontés au climat particulièrement chaud et humide et ne bénéficiant d'aucun moyen de conservation semblable aux poteries, les Polynésiens développèrent des techniques de conservation et de stockage de nourriture. Les uru étaient soit cuits (opi'o), soit fermentés en une pâte ensuite enfouie sous terre (à Mahi) à l'abri de l'air dans des fosses conçues à cet effet. La conservation par la cuisson consiste simplement à cuire à l'étouffée des uru mûrs.

L'une de ses caractéristiques essentielles de l'arbre à pain, est qu'il possède , sur un même pied, des inflorescences à la fois mâles et femelles ! Ovales ou rondes, ses fleurs singulières mâles et femelles s'épanouissent en général sur une saison allant de juin à septembre. Mais sur certaines îles au climat propice, notamment dans l'archipel des Marquises, le tumu'uru donne des fruits presque toute l'année. Ceux-ci sont réunis sur chaque arbre en forme de grappe (2 ou 3 fruits par grappe). Le fruit vert se pare peu à peu d'une peau brunâtre, puis jaune en mûrissant. Le uru se décline en des multiples variétés : plus d'une cinquantaine en Polynésie française. Parmi les plus connues, se trouve notamment le puero, le hamoa et le huero. Sur l'île de Tahiti, le « maohi » au feuillage abondant est la variété qui s'est imposée.

D'un petit morceau de racine peut naître un arbre majestueux... Un bouturage relativement facilité par la nature, mais qui n'est pas sans nécessiter quelques efforts. Cependant, pour donner des fruits, cet arbre qui peut aussi bien s'établir en bordure de mer qu'en milieu calcaire ou volcanique, doit être traité avec soin. Régulièrement taillé pour ne pas dépasser une dizaine de mètres, il doit être dans un environnement très ensoleillé. Les milieux marécageux et ceux trop irrigués sont à proscrire.

Très productif, le uru donne ses premiers fruits dès sa cinquième année et peut en offrir ainsi pendant une cinquantaine d'années, voire plus. C'est munis d'un rou uru , un long manche doté d'une fourche à son extrémité, que ses fruits sont récoltés.

Dans la société polynésienne ancienne et actuelle, fruits, feuilles écorces... toutes les parties du  tumu'uru sont utilisées par les Polynésiens pour leurs besoins quotidiens.  Les fruits de l'arbre à pain sont consommés de plusieurs façons. Salés ou sucrés mais toujours cuits (rôtis ou bouillis), ils sont très appréciés. Rassasiant et nutritif, ce féculent entre dans la composition d'un repas traditionnel polynésien. Manger simplement rôti ou cuit puis découpé, égrainé, et malaxé au pillon et arrosé de lait de coco, c'est un régal.
Depuis les années 1960,en pleine occidentalisation des comportements alimentaires, les polynésiens délaissèrent le uru pour le pain, le riz et les pâtes. Seuls quelques spécimens de tumu'uru furent choisis et restèrent cultivés pour la consommation.
De nos jours, le uru réapparaît lentement dans les circuits commerciaux (fruits prédécoupés, chips ...). Cependant, il reste très présent dans les échanges privés entre particuliers. Son goût est aussi redécouvert dans la gastronomie ou ses qualités sont reconnues. Aujourd'hui, le uru aspire donc à reprendre toute sa place dans la société polynésienne.

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Voilà, c'est tout pour la petite histoire ... Cette semaine, j'ai fait quelques cartounettes que je vous montre ici :

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Et pour finir ce post, à la demande de  certains d'entre vous , voici quelques mots de tahitiens :

Ia orana : bonjour

Maeva : bienvenue

Nana : au revoir

Maururu : merci

Maururu roa : merci beaucoup.

Ananahi : à demain

Maita'i ?  :  Ca va ?

'E'éee :  s'il vous plaît

Ce qu'il faut savoir :  l'alphabet tahitien compte 13 lettres. 8 consonnes  : F, H, M, N, P, R, T, V et 5 voyelles : A, E,I,O,U.

En ce qui concerne la prononciation, en tahitien, il n'y a pas de lettre muette : on prononce toutes les lettres. Il n'y a pas non plus de voyelles nasales (an, on, in, en), toutes les voyelles se prononcent.  Le h est aspiré comme en anglais. Le r est est roulé comme en espagnol.La consonne ' n'a pas d'équivalent en français. Notez également qu'on ne trouve jamais de consonne en finale de mot. La voyelle u se prononce ou et le e se dit é.

 

Cette fois-ci, c'est tout ! suite la semaine prochaine...

Nana