DES CAHIERS DE RECETTES !
Ia orana à tous et toutes,
Tout d'abord, je voulais vous remercier du fond du coeur de me suivre par l'intermédiaire de ce blog... Chaque petit message de votre part me rassure sur ce que je fais, me booste et me remplit de bonheur... Sincèrement... Aujourd'hui, je vais vous parler d'arômes et de saveurs. Mais juste avant, je vous montre ma participation au challenge 24 de Carte Maniak avec un cardlift à la française. Voici mon interprétation. J'ai remplacé le ruban par des petites nacres :
Et maintenant, parlons art culinaire... La cuisine de Tahiti et ses îles est une cuisine "nature" composée de produits frais aux saveurs exotiques, qui a su s’adapter aux goûts et habitudes des visiteurs qui, les uns après les autres, posèrent le pied sur le sol polynésien. Européens et asiatiques ont apporté leur touche culinaire et leurs épices, transformant les plats en des mélanges des plus inédits.
Le poisson dans tous ses états (grillé, bouilli, cru) et en tout genre (thon, bonites, mahi mahi, dizaines de variétés de poissons du lagon...) est bien sûr au centre des assiettes polynésiennes, même si la consommation de viande est également appréciée, grâce à la qualité des importations de Nouvelle-Zélande. Les pique-niques sur les îlots de lagon sont souvent agrémentés par un feu sur la plage où grillent des poissons fraîchement péchés, dont le savoureux "ume", bec de cane des lagons et les petites carangues. De la perche à la daurade coryphéne, en passant par les poissons-perroquets, dans les îles Tuamotu en particulier, péchés et consommés à l'instant, le plaisir se renouvelle au quotidien.
Les plats vedettes restent incontestablement le poisson cru "à la tahitienne", mariné dans du citron vert et du lait de coco et les chevrettes (crevettes locales d'eau douce), aux côtés de la cuisine chinoise, très populaire, dont le "ma’a tinito" (mélange de porc, haricots rouge, pota et macaroni).
Les fruits légendaires de l'arbre à pain, les dizaines de variétés de banane dont l'incomparable "fei" orangé, les divers tubercules de "taro", de "tarua" et de "ufi" constituent la base de la cuisine îlienne. Les papayes, mangues, ananas, pastèques, pamplemousses, citrons verts, additionnés d'une gousse de vanille forment la plus savoureuse des salades de fruits. Sublime !
Sans oublier le four tahitien ! Ne le cherchez pas dans une cuisine mais plutôt au fond du jardin ou sur le rivage d’un motu, c’est tout simplement un grand trou, creusé dans la terre à l’occasion d’un "ma’a Tahiti" (repas tahitien) ou un tamaara, le repas de fête qui réunit une bonne trentaine d’invités - au moins - Très tôt le matin, on y met au fond suffisamment de branchages qui vont brûler de longues heures et chauffer des galets de rivière. Le four est prêt lorsque le bois s’est consumé : les pierres sont alors à une température élevée et on peut alors mettre à cuire sur des grilles faites de bois vert, les mets préparés qui vont composer le festin : les légumes exotiques tranchés et empaquetés dans des feuilles de bananier : le taro, gros tubercules un peu farineux, le uru, le fruit de l’arbre à pain, les fei, de grosses bananes rouges peu sucrées - tout à côté, les poulets avec le fafa : c’est un délicieux ragoût de feuilles de taro cuites dans du lait de coco, puis le petit cochon de lait avec ses aromates, emmailloté aussi dans de larges feuilles de bananier. Il y a également le dessert traditionnel : le poe, que l’on a préparé à l'avance avec de l’amidon, du lait de coco et de la banane ou de la papaye écrasée… On recouvre le tout de toile de jute humide puis d’une bonne couche de sable, ce qui permet une cuisson à l’étouffée pendant au moins trois heures, laissant à tous les ingrédients leurs arômes et aux viandes particulièrement, un goût et un moelleux incomparables.![four-tahitien-3 [800x600]](http://storage.canalblog.com/61/01/713964/70543592_p.jpg)
Les convives assistent à l’ouverture du four, c’est la tradition ! en entrée, la salade de poisson cru – généralement du thon ou d’autres poissons comme la dorade, marinés au citron vert puis arrosés de lait de coco, rallie tous les suffrages. Les demandeurs de sensations gustatives très spéciales essaieront le fafaru - autre mode de préparation du poisson cru qui aura mariné dans du jus fermenté – il s'agit souvent de chevrettes . Il ne reste plus qu'à se régaler de ces merveilles culinaires et pour garder des souvenirs de toutes ces saveurs et conserver ces recettes, j'ai confectionné deux modèles de cahier de recettes. Voici le premier :![P1130070 [800x600]](http://storage.canalblog.com/39/13/713964/70543701_p.jpg)
Voici, maintenant une deuxième version plus "tahitienne" avec un rappel des tissus locaux, du tressage de pandanus, la vahine... J'y ai également inséré du vocabulaire tahitien.
Enfin, pour finir sur une note gourmande... Je vous donne la recette de la salade à la tahitienne que l'on trouve dans tous les ma'a (repas) traditionnels.
Il vous faut :
800 grammes de thon frais, sans peau ni arêtes, coupé en dés
2 carottes râpées
2 tomates coupées en petits morceaux
le jus de 6 citrons verts
3 petits oignons vert
1 petit concombre coupé en petits dés.
1 boite de lait de noix de coco.
Préparation
Couper le thon en dés et le rincer à l'eau.
Couper les légumes : carottes, tomates,concombres,oignons verts (cives). Mélanger-les avec le thon et réserver au frais.Saler et poivrer.
Une heure avant de servir, rajouter le jus des citrons verts pour « cuire » le thon. Bien mélanger et réserver de nouveau au réfrigérateur. Au moment de servir rajouter le lait de coco frais et bien mélanger.
Voilà, et maintenant je vous dis : « tama'a maita'i » (bon appétit !)
A bientôt
Nana
LES PETITES BÊTES
Ia orana à tous et toutes,
Les petite bêtes... de Tahiti ? Non, non. Il s'agit du challenge de Carte Maniak de novembre. Le défi était de faire une carte sur laquelle on devait mettre un tampon d'au moins une petite bête. Alors mon premier réflexe était de faire une carte avec des papillons... J'en ai de toutes sortes. Et j'adore ! Mais justement, c'était un peu facile. Je me suis dis que je devais avoir d'autres bestioles dans mes tiroirs. Effectivement après avoir trouvé des hérissons, des chouettes... Je me suis rendue compte que j'avais une vraie ménagerie à la maison !!! Alors après ma première carte où j'ai effectivement appliqué les consignes en mettant un tampon. J'ai continué dans la foulée avec divers embellissements... Voici le résultat :
Voilà c'est tout, mais avant de vous quitter ... Je vais quand même vous présenter une petite bête de chez nous : Le Margouillat.
Ce lézard de la famille des "Gekkonidaes" est également connu sous le non de Gecko à la Réunion. Il se nourrit d'insectes et particulièrement de moustiques. C'est un vrai "anti-moustique bio" !!!! Du coup, cette petite bête est très bien vue. Ici, on la trouve sur les tee-shirts, les cartes et elle est même représentée dans les tatouages !!!
Plus sérieusement, la famille des géckonidés remonte à 50 ou 60 millions d'années. Initialement originaire d'Asie, les margouillats se sont répandus sur le globe.
Le margouillat est nocturne et commence son activité le soir. Il dispose sous les pattes de coussinets adhérents lui permettant de grimper sur la plupart des surfaces, il peut ainsi marcher sur un plafond sans problème. La force de ses pattes est tellement grande qu'un seul doigt peut soutenir le poids complet de l'animal. Il émet un son qui ressemble à des claquements puissants. Le margouillat est ovipare, il pond des oeufs et les petits sont autonomes à la naissance. Maintenant, vous savez tout sur cette petite "bébète locale" !
Je vous dis à très bientôt et merci à vous pour votre fidélité.
Nana.
QUAND LES FLEURS COURONNENT...
Ia orana à tous et tous,
Il y a longtemps que je ne vous ai pas parlé de cette île où je vis. Je vous ai déjà montré des fleurs. Impossible de les oublier tant les senteurs sont capiteuses et ensorcelantes quelque soit la saison. Mais je ne vous ai pas conté une coutume très agréable qui est celle du port des couronnes de fleurs.
Parure naturelle, laissant éclater leurs couleurs, les couronnes de fleurs ornent les visages des polynésiennes et des polynésiens en de maintes occasions. Portées déjà dans les temps anciens par les habitants des îles de la région, ces délicates créations continuent aujourd'hui à fleurir, plus actuelles que jamais.
La Polynésie française est un Eden végétal tant les variétés de fleurs, d'arbres fruitiers et de plantes y abondent. En arrivant à Tahiti et ensuite, en voyageant dans les îles polynésiennes, résidents ou voyageurs se voient offrir, immanquablement, une fleur de Tiare Tahiti à porter à l'oreille et un collier de fleurs, la marque traditionnelle de bienvenue. Le passager, fraîchement arrivé, pourra légitimement s'étonner que l'on s'apprête aussi couramment de fleurs, en de nombreuses occasions et de diverses manières. Parmi les nombreux ornements floraux polynésiens, les plus saisissants sont sans aucun doute ces couronnes de fleurs qui illustrent de manière merveilleuse et colorée l'une des multiples facettes de l'art de vivre polynésien.
La composition et la confection de tels ornements floraux sont le fruit de connaissances communiquées, bien souvent, de mère en fille, au sein du foyer familial. Mais un des principaux vecteurs de transmission des savoirs-faire est aussi constitué par la danse tahitienne, le Ori Tahiti. Les couronnes de fleurs sont un des ornements privilégiés des danseurs et musiciens. Lors du prestigieux concours de chants et danses du Heiva I Tahiti, chaque année en juillet, les formations de Ori Tahiti, doivent présenter en compétition un costume dit "végétal",confectionné à partir de végétaux fraîchement cueillis et/ou secs, agrémentés d'accessoires ou d'ornements provenant de l'environnement naturel polynésien.
Dans ces somptueuses créations, les couronnes de fleurs sont des parties de premières importances. Les costumiers rivalisent d'inventivité et d'originalité pour magnifier les richesses de la flore polynésienne. Alors que des mains expertes pourront réaliser certains ouvrages en quelques minutes, il faudra plus d'une heure pour la réalisation de pièces plus complexes.
On pense que, dans les temps ancestraux, les hommes aussi portaient des couronnes aussi couramment que les femmes. Les comportements masculins ont évolué vers un port masculin exclusivement réservé à la valorisation d'évènements culturels majeurs comme le Heiva". Ces dames ont, quant à elles, fait de cette parure un accessoire de coquetterie porté à de nombreuses occasions. Autrefois tâche qui était l'apanage de toute la famille en vue de la préparation d'un évènement particulier, la réalisation de ces couronnes est aujourd'hui la grandes spécialité des "mamies", installées aux marché de Papeete.
A travers les générations successives et en harmonie avec son temps, les couronnes de fleurs ont donc évolué apportant de plus en plus de couleurs et de senteurs et faisant la fierté de celle qui la porte. Il existe quatre sortes de couronnes :
- Les couronnes en pandanus (ou Hei Pae'ore)
Une particularité technique de cette couronne traditionnelle réside dans la couture des éléments végétaux sur la feuille séchée de pandanus, une variété d'arbuste très courante dans les îles du Pays. Dans ce type de couronne, il faut cependant s'assurer préalablement des mesures de la tête à arborer...
- Les couronnes de fougères (ou Hei'aihere)
Pour leur réalisation, il suffit de casser des tiges de fougères puis de les superposer afin de les solidariser à l'aide d'un lien. Le choix des fougères est particulièrement important. Le maire, par exemple, est une fougère très odorante difficile à se procurer sans les indications avisées de fins connaisseurs.
- les couronnes tressées (ou Hei Firi)
Trois longeurs de pandanus, des morceaux de Auti, une plante arbustive soigneusement découpés, une à deux variétés de fleurs : voilà ce qu'il faut pour faire une couronne tressée. L'entrelacs des éléments disposera la verdure aux bords et les fleurs au milieu. L'équilibre symétrique de la composition doit, ici, être rigoureux.
- les couronnes sauvages (ou Hei Taviri)
Le principe est de cueillir toutes les fleurs et les feuilles que l'on trouve dans son jardin , puis de les enrouler avec de la fougère ou de l'écorce de Purau sur un morceau de pandanus. Ce type de couronne nécessite un faible temps de réalisation. Aucune règle ne régit la conception et l'organisation d'une couronne sauvage : leurs de ylang ylang (moto'i en tahitien),de jasmin, (pitate en tahitien), basilic (miri en tahitien), monette, la peau du porohiti, mais encore des peaux d'oranges ou d'ananas sont utilisées pour parfumer les couronnes de tête.
Voilà, c'est tout pour les fleurs... Dommage que je ne puisse pas vous faire partager les senteurs.
A très bientôt
Nana











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