Ia orana à tous et toutes,

Aujourd'hui, je vais vous parler scrap avec un hommage et un sujet très difficile. Donc, pas de rêve ou d'évasion dans ce post mais au contraire une réalité que l'on pourrait croire d'un autre temps et pourtant.... Dans ce pays où, dit-on, l'enfant est Roi ... Tout n'est pas aussi merveilleux que ça  !

"Tahiti est puni.

Tiaré est privée de récré.

Benoît se fait taper sur les doigts.

Anouch a du scotch sur la bouche.

Didier est humilé.

Agenouillée, mains au dos pour Temeio.

Oreilles et cheveux tirés pour Mairé.

Des brimades pour Tévai,

Criée, tapée, secouée, Tehani a mal.

Coups de pieds aux chevilles pour Camille,

De l'indifférence pour Laurence.

Maxime, témoin, tout aussi victime de maltraitances que ses camarades de classe.

Il a peur, il ne parlera pas. Aidez-le. Parlez pour lui"

(texte écrit par l'association SAMAL)

Tout d'abord, une page pour un hommage. Voici : 

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 Je voudrais dire mon admiration à ces femmes qui ont osé dire "NON A L’INTOLÉRABLE". En effet, fin décembre 2012 s'est créée sur le territoire une association qui s'intitule Stop aux maltraitances à l'école en Polynésie (SAMAL).

logo SAMAL

 


Cette association s’est donné pour objectif d’accompagner les familles dont les enfants sont victimes de violences constatées à l’école, notamment par du personnel encadrant ou enseignant. Sans esprit polémique, l’association se veut être à l’écoute de la population démunie face à l’administration et au silence complice et espère guider les parents dans leurs démarches.
Les textes de loi existent sur le territoire et sont censés protéger les élèves puisque « tout châtiment corporel est strictement interdit » , à l'école (Arrêté 796, titre Troisième, 3.2.2 de la Charte de l’Éducation). On peut y lire également : « Le maître s'interdit tout comportement, geste ou parole qui traduirait indifférence ou mépris à l'égard de l'élève ou de sa famille, ou qui serait susceptible de blesser la sensibilité des enfants.

Et pourtant la réalité est tout autre.... Plusieurs parents ou professionnels ont pu constater que les droits les plus élémentaires des enfants ne sont pas toujours respecté dans certaines classes de Polynésie où l'on déplore l'usage de châtiments corporels : cheveux et oreilles tirés, craies ou stylos lancés sur les enfants, enfants attachés à leur chaise, pincés, scotch sur la bouche, élèves tapés avec la règle, fessées, gifles, élèves punis à genoux dehors en plein soleil, etc... (d'après les témoignages de parents et d'élèves).

Il est certain que la majorité des enseignants connaissent ces textes, les respectent et accompagnent leurs élèves de façon bienveillante. Mais les châtiments corporels sont encore utilisés par une minorité d'enseignants et cette association se mobilise contre cette pratique et ose briser le silence.

Cette association est toute jeune et à peu de moyens si vous êtes touchés  par cette cause ou que vous souhaitez la  soutenir, vous pouvez y adhérer, la cotisation annuelle est de 1500 FCP (soit 12.57 euros) , délivrables par chèque à l'ordre de SAMAL (BP381 112 Tamanu, 98718 Punaauia, Tahiti). Vous pouvez également retrouver cette association sur sa page facebook : « STOP aux maltraitances à l'école en Polynésie » ou sur son adresse mail : samal@live.fr ou stop.maltraitances.ecole@gmail.com.

 

Si cette cause me tient particulièrement à cœur c'est parce que je suis la maman d'une victime de cette maltraitance. Il y a un an déjà... Et croyez-moi à l'heure où j'écris ces mots j'ai la gorge nouée et les larmes coulent sur mon visage car on ne peut jamais accepter l'impensable... l'intolérable. Un adulte a profité de son autorité pour faire du mal à mon bébé !  Il y a des blessures qui ne cicatrisent jamais.

Mais mon propos n'est pas de vous raconter ma vie ou mes malheurs. Je voudrais juste faire passer un message aux parents et enfants actuellement concernés par cette maltraitance. J'en connais malheureusement et je sais combien le chemin est difficile....

Où qu'il soit, l'enfant a besoin d'être protégé, aimé, guidé, mais avant tout il a besoin d'être reconnu et respecté comme une personne.

La révélation et le constat  de mauvais traitement envers un enfant et qui plus est "SON ENFANT", est une situation douloureuse. Il est normal que vous vous sentez déstabilisé.

Vous risquez :

  • de vous sentir démuni, impuissant, paralysé, très seul  ;
  • d'être inquiet, perturbé, choqué ;
  • ou même de revivre des souvenirs douloureux.

N'ayez pas honte de vos émotions.

  • Ne restez pas seul avec ce problème. Parlez-en. Pour vous et pour l'enfant, en parler, c'est déjà agir.

Vous devez gérer la situation :

  • Comme tout citoyen, quand il y a violence à enfant, vous êtes dans l'obligation de signaler les faits. Se taire, c'est accepter les faits et donc cautionner l'intolérable !

Un enfant maltraité se tait souvent, par crainte, par honte. Il vous a révélé ce qui lui arrivé des mois ou plus encore, après les faits. Il n'est jamais trop tard pour agir !!!

Tout d'abord :

  • écoutez-le, laissez-le parler ;
  • s'il ne veut pas parler, respectez son silence
  • rassurez-le, aidez-le à retrouver confiance en lui, déculpabilisez-le. Il n'est pas responsable de la situation ! Dites-lui et répétez-le car il le croit !!!!
  • avertissez-le que vous devez et que vous allez prévenir ou que vous avez prévenu les autorités compétentes. Lui expliquer ce que vous faites, c'est aussi l'aider à se reconstruire. Car vous le croyez et vous le défendez. Ne culpabilisez-pas de n'avoir pas su voir à temps (même si nous l'avons tous fait). Je sais ce que vous ressentez. L'important est que maintenant vous le défendez. Si toutes ces démarches vous paraissent trop lourde, faites-vous aider mais n'abandonnez pas.

Enfin pour finir sur une note un peu plus optimiste, noubliez pas que les enfants ont une grande capacité à s'adapter. Avec de l'aide, votre enfantl se reconstruira et retrouvera le sourire.

A bientôt

Nana