Bonjour ,

Cette semaine, j'ai beaucoup de choses à vous montrer. Tout d'abord, côté scrap, je vous présente des cartes.

Voici, une première carte arrivée à destination.

P1020945

J'ai également réalisé deux autres cartes suite à une demande d'une voisine pour l'anniversaire de sa fille. Elle est adulte et adore les pirates !!! Pas évident du tout, j'ai cherché et quoiqu'il en soit je voulais quelque chose de féminin... Voici, mes propositions :

P1020975

P1020981

 

Enfin, je vous montre la superbe carte que j'ai reçu de Coco.

 

P1030042

 

avec plein de découpes :

P1030050

Et puis, nous retournons en Guyane... Autrefois connues pour le bagne, les Îles du Salut sont désormais un haut lieu touristique en Guyane.  Trois îlots d'origine volcanique au large de Kourou à environ 17 kilomètres, trois îlots à l'histoire terrible. 

  carte_iles_du_salut

P1020871

 

Cette semaine, nous terminons notre visite avec l'ïle Saint-Joseph. C’est ici que les vestiges du bagne sont les plus remarquables.

Instaurés par la loi du 30 mai 1854, les bagnes accueillaient les condamnés aux travaux forcés. Mais ces lieux de détention ressemblaient plus à lieux de déportation. Parmi les prisonniers célèbres, on peut citer Guillaume Seznec, condamné en 1924 aux travaux forcés à perpétuité et conduit au bagne dit de Cayenne alors qu'il se situe en fait à Saint-Laurent-du-Maroni. Il sera transféré à celui de l'île Saint-Joseph en 1928 et y restera jusqu'en 1947, alors que son innocence est toujours défendue par ses descendants. Après la suppression des travaux forcés en 1938, les bagnes ont été arrêtés en 1942 et remplacés par les maisons centrales et prisons d'aujourd'hui.

 ile st joseph1

 

Aujourd'hui, des lianes géantes et des racines dévorent à la manière d'une immense pieuvre les cent cinquante trois cellules et les douze cachots de la réclusion, tordant les derniers barreaux comme s'ils étaient de simples fils de fer.

 St Joseph36

 

ST Joseph31

 P1020845

 P1020844

 Situés en haut de l'île, trois bâtiments  abritaient une centaine de cellules chacun, en ciment armé, de deux mètres sur un mètre quarante à peine, que l'on appelait des « trous ». Les réclusionnaires y étaient enfermés pendant deux à cinq années.

 detail

 saint-josephbagne10

P1020849

 ST JOSEPH 20

 Séparées par des murs de deux mètres cinquante ces cellules avaient de gros barreaux comme plafond. Au-dessus, entre les deux rangées de ces « trous », une étroite passerelle surplombait et courait tout le long : ainsi les gardes-chiourme pouvaient‑ils surveiller de part et d'autre de ce chemin les condamnés, comme des bêtes fauves dans des fosses. Le tout était chapeauté par un immense toit en tôle. Le soleil n'entrait jamais dans les cellules où régnaient une chaleur suffocante et une humidité malsaine.

P1020864

DETAIL CELLULE

INTERIEUR CELLULE

 Chaque réclusionnaire disposait d'un bat-flanc ‑ qu'à six heures du matin il devait impérativement relever ‑ et d'un baquet pour ses déjections. Pas de matelas, de paillasse ou de couverture. On cuisait la journée et on gelait la nuit. Aucun contact avec l'extérieur. Silence absolu. Il était interdit de s'adresser aux gardiens ou à ses codétenus. Une parole prononcée et c'était six mois de plus. Les gardiens, pour mieux surprendre ces punis, marchaient en chaussons.

 P1020842

 Pas question de fumer, de grimper aux barreaux, de taper sur les murs, de se coucher avant la nuit, de s'asseoir sur le bat-flanc pendant le jour, de détenir le moindre objet, sauf une cuillère en bois. Pas de sorties, pas de courrier, pas d'écritures, pas de paroles. Rien.

 À dix heures, on leur apportait la nourriture. Une double porte, une en fer, une en bois, et un guichet qui s'ouvrait par lequel on leur donnait la pitance : des haricots, un pain de sept cent cinquante grammes, et un baquet d'eau pour la journée. Une gamelle de soupe tous les quatre jours.

La seule sortie autorisée était celle de leurs têtes que les prisonniers passaient une fois par mois, dans ce fameux guichet, afin qu'on les rase.

 85328696_o

  (tableau de Francis Lagrange)

 
Le temps s'écoulait ainsi dans l'obscurité et le silence. Les prisonniers n'avaient rien d'autre à faire qu'à tourner en rond dans leurs minuscules fosses. Les seuls bruits qui leur parvenaient étaient ceux de la mer, au loin, se brisant sur les rochers, les hurlements des fous enfermés à la troisième division cellulaire, et, à la saison des pluies, le lourd martèlement des averses tropicales sur la tôle du toit.

Ceux qui osaient manifester contre ces conditions inhumaines étaient jetés au cachot : la réclusion cellulaire. L'enfer de l'enfer. Enfermé dans une cellule plafonnée en maçonnerie complètement hermétique et encore plus étroite et, cette fois, dans le noir complet, le puni restait attaché en permanence. Chaque jambe passée dans un anneau de fer placé à l'extrémité d'une barre l'obligeait à demeurer complètement immobile ou accroupi. Des semaines ou des mois sur la planche très dure ne tardaient pas à provoquer des escarres. Le peu d'air qui pénétrait dans ce tombeau entrait par une minuscule ouverture à ras de terre. Enterré vivant en quelque sorte, il devenait souvent aveugle. Le règlement précisait que chaque période de vingt jours dans le noir devait alterner avec dix jours de cachot « demi­clair » afin d'éviter la cécité. Encore fallait‑il que la règle fût respectée.

 Rares sont ceux qui ont supporté cinq ans de réclusion dans ces tombeaux. La plupart sont sortis fous ou les pieds devant.

La peine de cinq années était un maximum parce que la Tentiaire (administration pénitentiaire) avait calculé que la résistance humaine ne pouvait aller au-delà de mille huit cent vingt‑sept jours. Notez la précision ! Mais au bout de très peu d'années, tous avaient déjà soit le scorbut, soit la tuberculose.

Comme une partie d'un des bâtiments de la réclusion abritait également les aliénés, enfermés eux aussi en cellules et qui s'agitaient d'autant plus qu'ils pouvaient hurler tout leur saoul, les seules paroles humaines que les réclusionnaires pouvaient entendre dans ce monde du silence étaient leurs cris.

La réclusion équivalait à une condamnation à mort. Mais à petit feu.

 P1020892

P1020893

Les corps des prisonniers décédés étaient jetés à la mer. On trouve néanmoins sur l'île un cimetière marin où furent inhumés les surveillants et leurs familles ainsi que 5 prêtres, 14 religieuses et 5 médecins.

P1020875

P1020880

Notre visite s'achève ici. Merci de m'avoir suivi (ce post est un un peu long... Mais, je ne pouvais pas vous montrer ces photos sans vous décrire l'ambiance particulière qui règne au milieu de ces vestiges).

Je vous souhaite à tous et toutes une très bone semaine.

A bientôt