Une petite carte circule parmi les scrapeuses, une petite carte voyageuse .... si vous voulez voir son dernier voyage, il faut aller rendre une petite visite à  Dany de la  Guadeloupe.

Voici cette petite carte qui vient à l'origine du Québec en passant par la France, le Maroc, les États-Unis, la Guadeloupe et Tahiti.

 

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Je vous montre par la même occasion la jolie carte que Dany m'a envoyé  avec plein de petites surprises :

 

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Le principe est de photographier cette carte devant un monument emblématique et de vous en parler. Je n'ai pas trouvé d'idée de  monument très représentatif de Tahiti. Il en existe, bien sûr ... Mais il est difficile d'en choisir un plutôt qu'un autre. . . En plus, ici, c'est la saison des pluies.... si, si, il pleut ici aussi !!!  Bref, ce n'est pas toujours évident pour les photos. Alors j'ai décidé de photographier cette carte  devant un incontournable de Tahiti et je transmets ma petite carte voyageuse à Cristal91.

 

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Je vous l'ai déjà dis : « Ici,, rien , ne se fait sans fleurs, musique ou danses ». Alors, j'ai choisi un instrument de musique typique : le TO'ERE.

 

 

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Tambour traditionnel aux sonorités ancestrales, le to'ere est le compagnon inséparable du « Ori Tahiti », la danse tahitienne. Le to'ere, l'un des plus vieux instruments de musique connus des Polynésiens résonnait autrefois sur les grandes pirogues de voyage et le « marae », ces lieux de culte de la religion ancienne. Joué avec les mains, il était un outil de communication et d'expression qui permettait soit de se repérer en mer par rapport aux autres embarcations, soit d'annoncer le début d'une guerre ou d'honorer les divinités avec tous les honneurs nécessaires. Mais avec les années et l'influence des premiers visiteurs et navigateurs, diverses catégories de « pahu » (tambours) sont apparues. Les sons se sont diversifiés et le « to'ere » s'est imposé.

Originaire des îles Cook, un archipel de Polynésie, il est rapidement devenu incontournable du paysage musical de Tahiti. Mais avant d'apprécier la tonalité d'un to'ere, un long travail s'impose. La fabrication, exige un savoir-faire et une précision pour lesquels les artisans polynésiens semblent exceller. L'entreprise débute par le choix primordial du bois, matière première qui une fois travaillée avec patience et précision peut révéler des mélodies insoupçonnées. Tantôt taillée, ciselée, sculptée, polie, sa qualité est essentielle pour donner un to'ere digne de ce nom. Le bois de rose, « miro » en tahitien et le tamanu, « 'ati » se prêtent particulièrement bien à ces exigences. Ainsi, derrière chaque to'ere exposé dans les ateliers des artisans locaux se cache une histoire qui commence dans les forêts et les plantations des archipels des Marquises ou des Australes...

 

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Sous les troncs tortueux des tamanu où semblent s'enchevêtrer la force d'une terre et la richesse d'une culture, sont renfermés des trésors de couleurs . Du brun sombre du « miro » au rouge profond du «'ati», les arbres ou plutôt leurs bois possèdent des nuances dont le caractère se révèle en passant entre les mains expertes des artisans.

 

Tailler un tronc d'arbre, une entreprise délicate qui nécessite avant tout que l'artisan visualise son futur ouvrage. S'agira-t-il d'un « to'ere hoe » ou d'un « ta'iri piti ».. . c'est à dire un instrument plus ou moins grand.

Les to'ere les plus communs atteignent généralement 70 cm de haut et 20 cm de diamètre. Mais certains, disposés horizontalement sur des supports fixes, peuvent parfois atteindre le 1,50 m de longueur.

La dimension, une lourde décision qui une fois prise cède aussitôt la place à la créativité et au travail. Le libre cours est alors donné au savoir faire de l'ébéniste. L'artisan délimite les contours du futur instrument, qu'il s'appliquera à suivre avec précision au moyen d'une paire de ciseaux à bois ou d'une tronçonneuse. Une première fente est taillée dans le tronc brut. Ensuite l'ouvrage est mis de côté, bien à l'ombre, pour un séchage optimal qui dure généralement 3 mois. L'humidité du bois doit en effet s'évaporer avant de pouvoir y creuser entièrement la caisse de résonance. Si nécessaire, l'opération de séchage peut être répétée à plusieurs reprises, pour que l'instrument tant attendu prenne enfin forme. Au fur et à mesure que se matérialise sa création, l'ébéniste use de son oreille musicale pour obtenir une caisse de résonance harmonieuse. L'expérience lui a appris qu'en creusant un peu plus profondément, il accentuera la « gravité » des futures frappes. Un to'ere peut effectivement émettre trois types de sons distincts : bas, médium ou aigu. La couleur musicale se précise à chaque coup de ciseau à bois.

Au delà de son originalité sonore, la beauté du to'ere réside aussi dans son apparence. En effet, une fois la fente et la caisse de résonance entièrement creusées, ce cylindre en bois est bien souvent sculpté sur toute la surface extérieure. Certains artisans n'hésitent pas à le parer de formes et dessins originaux : Tiki, fleurs, margouillats, tortues sont autant de motifs qui peuvent l'ornementer. Une telle finition nécessite généralement 3 jours de sculpture consécutifs, suivis d'un ponçage rigoureux au terme duquel la finesse naturelle du bois utilisé en ressort soulignée. Car un to'ere est une œuvre d''art à part entière.

Le to'ere se joue nécessairement avec une baguette de forme conique et non avec les mains comme pour le tambour sur pied classique. Cette baguette, taillée dans du bois de fer (« aito » en tahitien) à l'aide d'un rabot, est réalisée rapidement. Arrondie à l'une de ses extrémités pour une bonne prise en main du musicien, sa forme assure un maniement rapide indispensable aux rythmes saccadés des musiques tahitiennes. Les dimensions des baguettes doivent idéalement correspondre à l'écart mesuré entre le coude et l'index, soit la taille de l'avant bras du musicien.

Une fois son instrument bien main, le musicien peut enchaîner à toute allure les différents rythmes  de sa partition. Le to'ere émet ainsi des sonorités incontournables du paysage artistique et culturel tahitien.

 

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J'espère que cette promenade musicale vous a intéressé. La prochaine fois, il y aura du scrap et la fin de mes vacances à Tikehau.

A très bientôt

Nana